Description de la cohorte OFSEP au 15 juin 2018

Les patients suivis dans le cadre de l’OFSEP sont issus des 41 centres participant au projet. Chacun d’entre eux recrute les patients soit au sein d’un centre hospitalier, soit d’un réseau de soins ville-hôpital.

Toutes les données sont consignées dans le logiciel EDMUS, un dossier médical spécialisé permettant de suivre les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), dans le cadre de la pratique médicale courante.

Depuis le 15 juin 2013, afin d’harmoniser le recueil et d’améliorer la qualité des données, un ensemble précis de données (les données minimales) est collecté de manière systématique : données personnelles et sociodémographiques, données cliniques (épisodes neurologiques, évaluations cliniques, handicap irréversible), paracliniques (IRM, etc.) et thérapeutiques (traitement de fond). Ainsi, ces données sont utilisables aussi à des fins de recherche.

Nombre de patients

Au 15 juin 2018, 41 centres étaient actifs et ont participé à la constitution de la base de données clinique de l’OFSEP.

La base contient 68 097 dossiers dont 39 895 (51,9%) qui ont été vus en consultation depuis le 15 juin 2013 et pour lesquels les données minimales ont été systématiquement collectées. Le nombre moyen de dossiers par centre est 1 661 (écart-type ± 1 856).

Nombre de patients enregistrés au format EDMUS par centre

Nombre de patients enregistrés au format EDMUS par centre

Les patients étant amenés au cours de leur vie à consulter dans des villes différentes, il est possible que certains aient plusieurs dossiers cliniques : c’est ce que l’on appelle des doublons. Par ailleurs, le diagnostic de SEP est parfois difficile à établir, et les éléments présents dans le dossier informatique ne permettent pas d’être certain du diagnostic. Ainsi, dans la présentation suivante, les doublons, les dossiers au diagnostic incertain, les patients atteints de Neuro-optico-myélite aiguë de Devic ou syndromes neurologiques apparenté, de syndromes radiologiquement isolés (RIS) ou bien présentant des anticorps anti-AQP4 ont été exclus. Les patients analysés sont finalement au nombre de 56 134.

Âge et sexe des patients

Distribution de l’âge des patients au début de la maladie

Distribution de l’âge des patients au début de la maladie

Les femmes sont majoritaires (N=39 913 ; 71,1%) par rapport aux hommes (N=16 221 ; 28,9%).

L’âge au début de la maladie s’étend de un à 83 ans, mais les patients débutent leur maladie surtout entre 20 et 39 ans (N=36 494 ; 65%). On identifie 3 066 patients (5,5%) ayant débuté une SEP avant 18 ans et 3 525 (6,3%) de manière « tardive », après 50 ans.

 

Forme de la maladie

La maladie débute dans la majorité des cas par une poussée (N=49 784 ; 88,7%), en moyenne à 31,3 ans (± 10) ; seuls 11,3% des patients (N=6 350) débutent d’emblée de manière progressive, plus tardivement (42.5 ± 11 ans).

Chez 11,2% des patients de la cohorte OFSEP, la première poussée est isolée (syndrome cliniquement isolé, CIS) ; 55,8% des patients sont en forme récurrente-rémittente, 21,6% en forme secondairement progressive.

Répartition des formes évolutives de la maladie

Répartition des formes évolutives de la maladie

Suivi des patients

La durée de la maladie, c’est-à-dire le délai entre le premier épisode neurologique et la dernière consultation, varie de 0 à 63,6 ans. La moitié des patients ont été suivis pendant plus de 12 ans et 25% plus de 20 ans.

Distribution de la durée de la maladie

Distribution de la durée de la maladie

 

Répartition de l’ancienneté de la date de dernière évaluation clinique

Répartition de l’ancienneté de la date de dernière évaluation clinique

Au 15 juin 2018, 50% des patients ont été vus pour la dernière fois en consultation au cours des 2,3 ans avant l’export, et 33% lors de la dernière année. Tous ces patients peuvent être considérés comme faisant partie de la file active des services de neurologie participants et bénéficient donc d’une mise à jour régulière de leurs données. À l’inverse, 25% des patients n’ont pas été revus depuis 8 ans ou plus.

 

Compte-tenu du caractère évolutif de la maladie, la répartition entre les différentes formes est très tributaire de la durée de la maladie des patients et représente uniquement l’état des patients suivis par l’OFSEP au 15 juin 2018.

Répartition des formes évolutives en fonction de la durée de la maladie

Répartition des formes évolutives en fonction de la durée de la maladie

Les syndromes cliniquement isolés sont très fortement représentés quand la maladie débute mais leur nombre diminue avec le temps quand les patients présentent de nouvelles poussées et évoluent vers une forme récurrente-rémittente. De la même manière, la proportion de SEP récurrente-rémittentes diminue avec la durée de maladie car de plus en plus de patients évoluent vers une forme secondairement progressive.

Répartition des formes évolutives en fonction de l'âge des patients à leur dernière évaluation clinique

Répartition des formes évolutives en fonction de l'âge des patients à leur dernière évaluation clinique

Par un processus similaire, la répartition des formes évolutives varie en fonction de l’âge des patients. À ceci s’ajoute le fait que les formes progressives d’emblée débutent plus tardivement que les autres. Ainsi, 72% des patients âgés de 30 ans ont une SEP de forme récurrente-rémittente alors que pour les patients âgés de 70 ans, 79,7% des patients sont en forme progressive (27,8% de formes progressives d’emblée et 51,9% de forme secondairement progressive).

Cinétique de recrutement

Taux de capture des patients SEP par l’OFSEP

Taux de capture des patients SEP par l’OFSEP

Le délai entre le début de la maladie d’un patient et sa date de prise en charge par un neurologue participant à l’OFSEP est appelé « délai de capture ». La première année suivant le début de la maladie, 36,2% des patients atteints d’une forme à début rémittent et 15,4% des patients atteints d’une forme à début progressif sont pris en charge par un neurologue participant à l’OFSEP.
La moitié des patients à début rémittent et la moitié des patients à début progressif sont capturés par l’OFSEP au bout de respectivement 3 et 4,3 ans. Dix ans après le début de la maladie, près de 74% des patients de l’OFSEP ont été capturés, qu’il s’agisse de formes rémittentes ou progressives.

Symptômes au 1er épisode neurologique

La grande majorité des patients (46,7%) ont une atteinte des voies longues comme seuls symptômes lors de leur premier épisode neurologique. Les atteintes des voies longues correspondent aux troubles de la marche ou de l’équilibre, aux troubles moteurs (membres supérieurs et inférieurs), aux troubles sensitifs (membres supérieurs, inférieurs, tronc, signe de Lhermitte), aux troubles de la miction et de la défécation et aux troubles sexuels. La névrite optique seule est l’unique symptôme de début de maladie de 17,9% des patients. L’atteinte du tronc cérébral seul touche 10,8% des patients : il s’agit des troubles oculomoteurs, des troubles vestibulaires ou cochléaires, des troubles moteurs et sensitifs du visage ainsi que des troubles de la parole ou de la déglutition. Enfin, 18,2% des patients ont plusieurs types de symptômes lors du premier épisode de leur maladie.

Répartition des symptômes des premiers épisodes neurologiques

Répartition des symptômes des premiers épisodes neurologiques

Délai entre les deux premières poussées

Distribution du délai entre les deux premières poussées chez les patients en forme récurrente-rémittente

Distribution du délai entre les deux premières poussées chez les patients en forme récurrente-rémittente

Parmi les patients ayant une forme récurrente-rémittente (N=31 350), 75% ont une seconde poussée dans l’année qui suit la première, la moitié au bout de 1,7 ans et 25% après quatre ans.

 

Traitement de fonds en cours des patients en file active, à la date de dernières nouvelles

La file active est définie comme l’ensemble des patients ayant été vu en consultation au moins une fois dans les deux ans précédant l’export du 15 juin 2018. Cette file active est constituée de 25 382 patients (représentant 45,2% de la cohorte OFSEP). Les traitements de fonds en cours lors de la dernière visite des patients sont classés par type de traitement (première ligne, deuxième ligne, hors AMM (autorisation de mise sur le marché) pour la SEP et essais cliniques) et par forme de SEP sur les graphiques ci-dessous.

Liste des abréviations des traitements : INF β : Interférons β ; DMF : Diméthyle de fumarate ; GA : Acétate de glatiramère ; FNG : Fingolimod ; NTZ : Natalizumab ; MMF : Mycophenolate de mofetil.

  • Syndromes cliniquement isolés (CIS)

La file active compte 2 836 patients ayant un syndrome cliniquement isolé soit 11,2% des patients en file active. Parmi eux, 47,5% ne reçoivent aucun traitement de fond. Les patients traités le sont principalement (43,4%) avec des traitements de premières lignes : interféron β (12,1%), fumarate de diméthyle (12,3%), tériflunomide (12,4%), acétate de glatiramère (6,5%) et ocrélizumab (0,1%).

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients CIS

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients CIS

 

  • Formes récurrentes-rémittentes

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme récurrente-rémittente

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme récurrente-rémittente

Les patients ayant une SEP récurrente-rémittent sont 14 965 en file active (59%). Un quart des patients (25,3%) ne reçoivent aucun traitement de fond. Les traitements de première ligne sont les plus utilisés (40,3%) devant les traitements de deuxièmes lignes (29,6%). Cependant, parmi les molécules les plus utilisés, deux sont de deuxième ligne (fingolimod, 17,8% ; natalizumab, 11,4%) et trois autres sont de première ligne (interférons β, 12,2% ; teriflunomide, 11,2% ; Dimethyl fumarate, 11%).

 

  • Formes secondairement progressives

Les patients ayant une forme secondairement progressive sont 4 887 en file active (19,3%). Une grande majorité de patients ne reçoivent aucun traitement de fond (62,9%). La majorité des traitements donnés à ces patients sont des traitements hors AMM pour la SEP (20,7%), en particulier le mycophélonate mofétil (8,1%) et le rituximab (5,1%). Certains patients sont traités par des traitements de première ligne (bien que hors AMM pour les formes progressives), en particulier les interférons β (3,9%).

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme secondairement progressive

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme secondairement progressive

 

  • Formes progressives d’emblée

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme progressive d’emblée

Répartition des traitements de fonds en cours chez les patients en forme progressive d’emblée

Les patients ayant une forme progressive d’emblée sont 2 694 en file active (10,6%). Ce sont les patients les moins traités : 74,4% ne reçoivent aucun traitement. 17.9% sont traités par des médicaments hors AMM pour la SEP dont 5,6% par du rituximab et 5,3% par du mycophélonate mofétil.